Hervé Sellin - Presse

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Chronique de Xavier Prévost dans les Dernières Nouvelles du Jazz ICI

Joël Chevassus - Mars 2018

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Jazz Magazine Choc

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Yves Sportis
© Jazz Hot n°683, printemps 2018

CD Always too Soon 
CD Passerelles
" Hervé Sellin fait partie des valeurs sûres du jazz en France. Du jazz et pas seulement pourrait-on ajouter. Validé par l’institution à laquelle il appartient en tant qu’enseignant de haut niveau (Conservatoire national supérieur de Musique de Paris), apprécié de grands du jazz (Dizzy Gillespie, Clifford Jordan, Johnny Griffin, Dee Dee Bridgewater…) et de la musique en général (Richard Galliano), on oublie trop souvent sa bonne discographie personnelle qui laisse toujours de belles traces, très personnelles. Ces enregistrements ont une forme de perfection qui n’étonne pas quand on sait l’exigence de ce musicien de talent, et ils ont souvent reçu un bon accueil critique. Sa solide culture classique d’origine, toujours présente dans son univers, même dans le jazz (comme ici, avec le beau «Always too Soon» de sa plume, et le disque Passerelles dans son ensemble), l’intensité de son travail depuis de longues années font de lui un excellent instrumentiste, arrangeur, inventeur, l’un des plus complexes en matière d’écriture mais aussi des plus respectueux du texte des autres musiciens (Thelonious Monk dans Always too Soon), respectueux aussi des musiques qu’il choisit d’interpréter, jazz, classique, tout en les marquant de son empreinte. Son beau toucher de piano, percussif ou perlé, complète une palette de qualités qui demanderaient encore à être détaillées, car elles vont au-delà de ces quelques mots. Voici deux disques proches par la présentation (deux portraits issus de la même séance): l’un en quartet jazz, Always too Soon, dédicacé au grand saxophoniste alto Phil Woods, disparu en 2015, après une carrière exceptionnelle dans les traces revendiquées et assumées de Charlie Parker; le second disque présente une autre facette d’un Hervé Sellin établissant, comme le titre le dit, des passerelles entre l’univers classique et le jazz, le répertoire classique jazzé avec légèreté, une manière de confirmer que le jazz appartient aux musiques dites «savantes» autant par son présent que dans ses inspirations.
Le premier disque fait la part belle à un bon Pierrick Pédron, en raison de l’hommage à Phil Woods; le leader est brillant sur ce répertoire et curieusement, c’est sur le répertoire monkien, plus que sur celui classique du second disque, qu’Hervé Sellin reste près du texte et de la manière. Le bon quartet de jazz du premier disque déroule en effet un univers jazz finalement assez «classique», alors que sur le second opus, les musiciens sont nettement plus aventureux quant à la matière d’origine.
Finalement, ces deux disques, écoutés ensemble, délivrent des informations supplémentaires sur le leader, et c’est une bonne manière de (re)découvrir Hervé Sellin, qui, comme nombre de ses pairs d’aujourd’hui, essaie avec beaucoup de conviction une synthèse entre deux traditions orale et écrite, savante et populaire. Cela correspond à la manière dont les musiciens approchent aujourd’hui la musique. Evidemment, dans la relecture classique, le blues et une certaine expressivité disparaissent par moments, mais il n’y a rien de négatif ni de mystérieux, juste un constat culturel qui ne diminue en rien la qualité musicale et l’intérêt de ces deux disques."