Sandra Chamoux - Programmes

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MOMENTS MUSICAUX

« Moments musicaux » aux antipodes les uns des autres. Tout d’abord, ceux composés par Schubert, où chaque note est égrenée et distillée pour laisser apparaître la musique à l’état pur, dans la plus grande sobriété. Puis ceux de Rachmaninoff, tout en explosion sonore et en virtuosité, où les sentiments s’amalgament à la passion.

Schubert
Six Moments Musicaux D780
Le recueil des 6 moments musicaux semble avoir été réuni en 1827, bien que deux au moins de ces pièces (les n°3 et n°6) soient d’origine plus ancienne. La première édition portait le titre, d’un français approximatif, de « moments musicals » et bien des pays en dehors de la France sont demeurés fidèles à cette appellation.
Nous sommes dans ces pièces plus brèves que les impromptus, au tréfonds du mystère Schubertien, et cette musique du cœur nous parle avec une spontanéité et une délicatesse incomparables. L’indicible et bouleversante conclusion de ces six moments exprime la quintessence de cette « Wonne der Wehmut », de cette douce volupté des larmes, dont Schubert fut entre tous les musiciens le chantre privilégié. Souvenons-nous de sa question : « Connaissez-vous des musiques gaies ? Moi pas... »

Rachmaninoff
Six Moments Musicaux opus 16
Né en 1873, mort en 1943, Serge Rachmaninoff s’affirma rapidement comme le pianiste-compositeur le plus brillant de sa génération, dernier représentant de la grande tradition romantique de Liszt et d’Anton Rubinstein. Son style pianistique nait dés les « pièces opus 3 », se développe dans « les moments musicaux » (1896) et accède à la maturité dans « les préludes » et « études–tableaux ».
La musique de Rachmaninoff porte un cachet personnel bien reconnaissable, qui tient à l’union constante de la virtuosité, de l’harmonie et de la spatialité sonore, avec, en particulier, un art de faire résonner le clavier comme un ensemble de cloches, ce qui constitue sa véritable signature.


IMAGES EPHEMERES

Claude Debussy
Intégrale des 2 cahiers d’Images
Les Images sont deux cycles de trois pièces pour piano, écrites en 1905 et 1907.
1er cahier :
Reflets dans l’eau
Hommage à Rameau
Mouvement
2e cahier :
Cloches à travers les feuilles
Et la lune descend sur le temple qui fut - Poissons d’or

Philippe Hersant
Intégrale des 24 Ephémères
« Les vingt-quatre pièces qui constituent ce cycle pour piano ont été composées dans le désordre et à intervalles très irréguliers entre 1999 et 2003.Tout est parti d’une petite pièce nommée Haïku. Le pianiste Thierry Ravassard avait passé commande de courtes pièces pour piano à une vingtaine de compositeurs, dont je faisais partie. Chacun d’eux devait s’inspirer d’un haïku du poète japonais Buson. J’ai donc écrit un petit morceau d’une minute environ et j’ai eu envie de lui donner une suite. Haïku est devenu (après quelques modifications) Lune voilée, la huitième pièce des Ephémères. Elle porte en exergue, non pas le poème de Buson qui avait inspiré Haïku, mais un poème de Bashô, autre très grand maître de l’art du haïku, avec lequel je me sens plus en affinité. J’ai fait une petite sélection des poèmes de Bashô qui me plaisaient, ou m’inspiraient particulièrement et j’ai commencé l’écriture des pièces, en toute liberté, sans m’imposer de règle précise, sinon celle d’une relative brièveté : la pièce la plus courte dure trente secondes, la plus longue, quatre minutes. Les haïku de Bashô sont des notes de voyage d’un type particulier : On n’y trouve ni épanchements lyriques ni descriptions grandioses. Bashô, la plupart du temps, se concentre sur des choses ou des événements microscopiques : une luciole qui tombe d’une feuille, un corbeau perché sur une branche...Dans leur extrême simplicité, je trouve ces miniatures très évocatrices et, par associations d’idées, leur lecture a progressivement déclenché en moi une affluence de souvenirs, parfois très anciens. Le cycle des Ephémères est devenu, pour moi aussi, une sorte de journal de voyage. On y trouve, en cours de route, des allusions à des musiques très diverses : Souvenirs de musique traditionnelle japonaise (le gagaku) dans Guerriers, d’une chanson polyphonique espagnole de la Renaissance dans Le poulpe, d’un prélude de Claude Debussy (Dans l’air du soir), d’un hymne de Gurdjieff dans Vallée du Sud ou d’une chanson de Heinrich Isaac dans la dernière pièce, La lande, que j’ai écrite en mémoire d’Olivier Greif et en m’inspirant du tout dernier haïku de Basho, dicté à ses disciples quelques heures avant sa mort. Les Éphémères sont dédiés à Alice Ader.

Philippe Hersant